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Vocabulaire : pourquoi et comment aider votre enfant à l’enrichir ?

livre feutres STABILO point 68
L’acquisition de mots variés est sans aucun doute un atout pour votre enfant. Car avoir un vocabulaire riche, ce n’est pas seulement communiquer et mieux exprimer ce qu’on ressent, c’est aussi mieux comprendre et appréhender le monde. Les professionnels pensent aussi que moins un enfant a de vocabulaire et plus il lui sera difficile d’apprendre… à lire. Certains pensent également que le manque de vocabulaire (et de ce fait des difficultés à exprimer une souffrance ou un mal être) peuvent entrainer une certaine violence. Comment aider votre enfant ? Comment en faire un jeu ? Plaisir d’école a cherché pour vous.

A quoi sert le vocabulaire ?

Nouer des relations : Quand les enfants sont petits et ont du mal à communiquer et exprimer ce qu’ils ressentent, les colères et larmes remplacent les mots… Petit à petit, en grandissant et en maîtrisant mieux le langage, l’enfant arrive à exprimer autrement que dans la colère. Les mots vont lui permettre de nouer des relations, à l’école ou au parc.

Mieux apprendre : Avoir un vocabulaire riche et précis va être essentiel dans ses apprentissages, et on ne parle pas de compréhension de ce que demande l’enseignant ou des consignes de l’exercice… les enfants comprennent tous ce que dit leur maîtresse ! L’enjeu va se poser pour l’apprentissage de la… lecture pour commencer ! Le linguiste Bentolila dit ainsi « Si l’on n’y prend garde, un enfant qui souffre d’un déficit sérieux de vocabulaire à l’entrée au cours préparatoire aura beaucoup de difficulté à apprendre à lire, et ce quelle que soit la méthode de lecture qui sera utilisée. Porter un élève de maternelle vers une bonne maitrise du langage oral en enrichissant son vocabulaire, en l’aidant à ciseler ses phrases, c’est certainement le meilleur moyen de le préparer à apprendre à lire ; c’est aussi la meilleure façon de le lier aux siens et aux autres ».
Ainsi l’Education nationale qui a abandonné depuis quelques années l’apprentissage systématique du vocabulaire et s’est laissé séduire par l’idée que seule la lecture des textes pouvait apporter un vocabulaire « vivant » est en train de revenir aux « leçons de mot *». Il semble que pour qu’un mot se fixe dans la mémoire de l’enfant, il faut qu’il soit justement appris « hors contexte ».
Quand ils grandissent, leur expression écrite ou orale sera déterminante dans leurs études, comme dans leur vie professionnelle d’ailleurs ! « Les enfants doivent être formés à ajuster leur discours ou leur texte selon le degré de connivence qui caractérise leur rapport à l’autre. Et pour pouvoir s’ajuster, il faut avoir recours à un plein « sac » de mots ». Quand parler est un défi, il faut puiser dans les mots rares, justes, adaptés. Quand on dit des évidences ou des banalités, on se contente de mots plus flous.

Comprendre le monde : Lorsque les mots précis manquent aux enfants, Confused Little Girlc’est le sens qu’ils tentent de donner au monde qui s’obscurcit.
Car le langage est l’accès au monde ! Savoir nommer les choses, c’est les apprivoiser, les faire sienne dans notre monde d’humains.

 

A la maison

Apprendre du vocabulaire à vos enfants est donc très important : on peut vraiment parler de « bagage » ! Avec des sacs de mots, précis, judicieux, bien choisis et bien compris, il est certain que vos enfants seront plus ancrés dans leur monde et y trouveront plus facilement leur place. Voici des petits conseils et idées :

  • Vous ne comprenez pas ce qu’il vous dit : dites-lui
    • Invitez-le à reformuler avec ses mots, à chercher des mots plus proche de ses intentions. Aidez-le à formuler « que veux-tu dire exactement ? » avec le mot adéquat.
  • Donnez les bons mots
    • Passés 3 mois, on arrête d’employer les mots lolo, joujou, tutute et autres mots bébés pour employer les mots justes.
    • Vous hésitez à employer un mot compliqué ? et pourquoi donc ? Expliquez-lui simplement sa signification et sa nuance par rapport au mot qu’il connaît déjà. Si vous même n’êtes pas à l’aise avec ce mot prenez un dictionnaire (Junior ! la définition sera simple et accessible) ou recherchez avec lui son étymologie : faites du vocabulaire, un… jeu !
    • « Passe moi le truc qui est sur le machin » : appelons les objets par leur nom même s’ils nous échappent sur le moment : ça fera travailler notre propre mémoire et notre sac à mots !
  • Des jeux ? avec des mots ? mais oui ! (super jeu dans la voiture pour faire passer le temps du voyage d’ailleurs !)
    • Cherchez ensemble des mots de la même famille Par exemple, que peut-on faire avec « charge » ? Charger, chargeur, décharge, recharger, décharger, déchargement… Et avec « branche » ? Brancher, débrancher, rebrancher, branchage, branchies, branchement, branchée… Et avec « route » ? Routier, routine, autoroute, dérouter…
    • D’où vient le mot « estival » et « cordial » ? Et « rupture » ? Et « dominical » ? Que trouve-t-on de semblable dans « agricole », « agronomie » et « agraire » ? Qu’ont-ils en commun ? ça vient d’où ?
    • Et qu’en est-il de « rhinocéros », « rhinite » et « oto-rhino-laryngologiste » ? Et de « cardiaque », « cardiologie » et « électrocardiogramme » ? Ou encore de « patriarche », « patronyme », « patrie » et « patron » ?
    • Et si l’on essayait de trouver tout ce qui a un rapport avec « la peur » et puis avec la « joie » ou la « colère » ?
    • Et puis peut-être pourrait-on citer le plus de mots possibles (noms, verbes, adjectifs) qui ont quelque chose à voir avec la « forêt », la « mer » ou la « montagne » ?

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Le vocabulaire, ça compte ! 

À l’entrée au cours préparatoire, les enfants au vocabulaire le plus pauvre connaissent une moyenne de 500 mots environ ; ceux moyennement pourvus atteignent 1000 ; le groupe le mieux pourvu à peu près 2 500. L’écart ne pourra pas être rattrapé par l’école seule…
Sans en faire un Victor Hugo (qui utilisait 100 000 mots quand une personne cultivée en utilise 25 000), il est important pour votre enfant d’acquérir les mots pour le dire… et pour le lire.

tableau nombre de mots vocabulaire

 

* Une leçon de mots ne se résume ni à une rencontre occasionnelle de quelques mots grappillés dans un texte ni à la mémorisation systématique de listes de mots. C’est le moment où l’on se questionne en profondeur sur un nombre réduit de mots (4 à 5 par séquence). Ce n’est qu’au bout de ce travail de questionnement collectif qui doit mener à un accord sur le sens que l’on accepte d’attribuer ensemble à un mot que l’on fera entrer ces mots élucidés dans la mémoire de chaque enfant. Ces leçons de mots exigent que l’on garde trace individuelle et collective des mots étudiés et de ce que l’on en aura dit. L’utilisation d’un « cahier de mots » dans lequel, tout au long de l’année, semaine après semaine, à la maison et à l’école, on notera les mots nouveaux, les significations identifiées, les constats faits sur leurs formes respectives nous paraît infiniment souhaitable. Ce cahier de mots, commencé au cours préparatoire, pourra suivre l’élève de classe en classe. Chaque fois enrichi, chaque fois approfondi, il portera témoignage des « mots de l’école et de la maison » et manifestera la volonté commune de construire une compatibilité lexicale entre familles et enseignants.

Pour en savoir plus

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Dossier_vocabulaire/13/6/Alain_Bentolila_111202_avec_couv_201136.pdf

http://www.ac-grenoble.fr/ien.grenoble5/IMG/pdf_VOCABULAIRE_C2C3_Site.pdf